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IZIEU : QUESTION D’HUMANITE

Publié le vendredi 16 juin 2017 par Mairie

Nous avons déjà publié un compte rendu de la rencontre de Dominique Vidaud, historien, directeur de la maison d’Izieu et de Winfried Veit, artiste auteur des portraits des 44 enfants et de leurs 7 éducateurs, avec les scolaires de la vallée de la Vocance.
Nous vous proposons aujourd’hui un papier sur la conférence tout public donnée en soirée en soirée à l’Annexe municipale de Vanosc.

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Le Télex de Barbie : un élément clé dans la procès de crime contre l’humanité
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Winfried Veit et Dominique Vidaud
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Des jeunes vanoscoises, Camille et Emmelyne sont intervenues .
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Enfants innocents, victime de la haine et du racisme de l’idéologie nazie.

Le contexte

Dominique Vidaud a rappelé le contexte historique. De nombreux enfants juifs avaient été conduits dans différents camps, notamment à Agde et Rivesaltes où aura l’occasion de se rendre Sabine Zlatin assistante sociale de l’œuvre de Secours aux Enfants (l’OSE).

Début 1943, Roger Fridrici, un responsable de la préfecture de l’Hérault lui permet d’obtenir des certificats d’hébergement nécessaires pour les enfants sortis des camps d’internement. Il l’orientera du côté de Belley où il sait qu’un sous-préfet, Pierre-Marcel Wiltzer, lui réservera un accueil bienveillant, dans une zone qui dépendait par ailleurs de l’administration italienne finalement plus compréhensive que la fonction publique de Vichy.

En effet, par cet intermédiaire, Sabine Zlatin et son époux Miron pourront ouvrir la maison d’Izieux où vivront 105 enfants bien soutenus par l’encadrement. La secrétaire du sous-préfet, Marie-Antoinette Cojean aidera la colonie à résoudre de nombreux problème d’intendance. Le directeur du collège de Belley se mobilise pour scolariser les plus grands. Des gens du voisinage apportent leur aide et le conseil municipal ne fait aucune obstruction aux demandes administratives de la colonie.

La capitulation italienne, du 8 septembre 43, laisse libre court à la traque des juifs. Au début avril 44, Sabine Zlatin comprenant que la situation est devenue difficilement tenable se rend à Montpellier pour tenter de trouver une solution pour disperser les enfants.

Malheureusement, le chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie, organise la rafle des 44 enfants de la colonie et de 7 adultes. On connaît la suite, prison de Montluc à Lyon, camp de Drancy puis Auschwitz… Seule, Léa Feldblum une éducatrice qui aurait pu échapper à l’arrestation mais qui n’a pas voulu abandonner les enfants, a survécu.

Justice et mémoire

A partir de 1946, Sabine Zlatin n’aura de cesse d’organiser des cérémonies de commémoration du drame d’Izieu. L’affaire d’Izieu sera évoquée à Nuremberg et les années passeront. Plus d’un millier de nazis sont en fuite, comme Barbie qui sera activement recherché et trouvé par Beate et Serge Klarsfeld.
Le responsable de la mort de Jean Moulin, de nombreux résistants, de l’extermination de nombreux juifs, dont les enfants d’Izieu, sera ramené en France en 1983 et jugé et condamné pour crime contre l’humanité en 1987.

En 1988, la création de l’association du « Musée mémorial des enfants d’Izieu » permet de lancer une souscription nationale. L’inauguration du musée mémorial se déroulera en présence de François Mitterrand, président de la République, de Sabine Zlatin et de Pierre Marcel Wiltzer.

La créativité au service de la mémoire

Bien qu’on lui ait dit que puisque né en 1945, il n’était pour rien de la pensée et des actes racistes des nazis, l’artiste Windried Veit a parfaitement conscience de ce qui s’est passé, de cette incommensurable monstruosité, et en a, sans doute éprouvé une forme de culpabilité.

D’abord inconsciemment, il a traduit ce lourd héritage dans ses œuvres. Des rencontres lui ont permis de comprendre, ce qui en émergeait. En 1995, Winfried a décidé de faire son devoir en réalisant une série de tableaux relatifs à la Shoah. Il ne veut surtout pas gagner d’argent grâce à ce travail qu’il souhaiterait rassemblé en un seul lieu…

Aa suite d’une rencontre avec Beate Klarsfeld, il a décidé de réaliser au fusain les portraits des 44 enfants et leurs éducateurs exterminés par Barbie. « Une façon de tenter de refaire du bon en sorte de réparation… , mais ajoute Winfried peut-on réparer ? ».

En conclusion à cette rencontre émouvante et éclairante, avec Dominique Vidaud et Winfried Veit, on ne peut que méditer sur les mots qu’a écrits Robert Badinter dans l’ouvrage qui présente l’exposition permanente de la Maison d’Izieu :

« L’enfant juif gazé ou l’enfant tutsi égorgé sont tués parce qu’ils sont nés juifs ou tutsis.
Leur appartenance à l’humanité est, au regard de cette qualité, niée par leurs bourreaux.
Dès lors, c’est toute l’humanité qui est fondée à réclamer justice en leur nom. »

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L’histoire d’Izieu, un lieu national de mémoire de l’extermination des enfants juifs. On ne peut évidemment que conseiller une visite.

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