Lara Thomas, quand les mathématiques se mettent à danser
Professeure agrégée de mathématiques en classes préparatoires au lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne, ancienne élève de l’École normale supérieure, docteure en mathématiques. Lara Thomas aime les chemins de traverse. Faire découvrir les mathématiques, les partager, mais surtout en révéler la beauté et la capacité à émouvoir.
Depuis 2019, elle porte le projet « Danse tes Maths » : apprendre et transmettre les mathématiques par la danse. Traduire une notion mathématique par le langage du corps, l’incarner pour la comprendre autrement. Les chorégraphies sont filmées et deviennent des clips vidéo, traces du travail et supports de transmission vers d’autres publics.
Des vecteurs à l’angle droit, du cercle aux fonctions
Tout commence avec des étudiants de classes préparatoires BCPST du lycée Claude-Fauriel. Dans le film « Vecteurs et matrices », les élèves deviennent eux-mêmes des vecteurs et mettent en mouvement des notions d’algèbre linéaire parfois très abstraites. L’aventure s’ouvre ensuite à d’autres âges, d’autres niveaux, d’autres territoires, toujours avec l’accompagnement de professionnels de la danse et de la vidéo.
À Saint-Laurent-Rochefort, dans le Forez, des élèves du CE1 au CM2 d’une petite école rurale multiniveau font danser l’angle droit. À Saint-Brieuc, des CM2 explorent les figures géométriques planes. À Beaumont-de-Lomagne, près de Toulouse, des filles du CE2 à la troisième travaillent autour du cercle. Cette année, trois classes de seconde, dans trois lycées différents (Claude-Fauriel à Saint-Étienne, La Matheysine à La Mure, Simone-Weil au Puy-en-Velay), planchent parallèlement sur les fonctions. Trois chorégraphies sont nées de ce travail, les films sont en cours de montage.
Le rapprochement entre danse et mathématiques surprend au premier abord. Il tient pourtant à peu de choses : dans les deux univers, il est question d’espace, de transformations, de symétries, de déplacements, de répétitions, de rythmes, de relations entre les éléments.
Mettre une notion en mouvement suppose d’abord de la comprendre : identifier ce qui est essentiel, chercher comment la représenter avec son corps, expérimenter, se tromper, recommencer, construire ensemble.
Reste une dimension plus sensible. Les formes, les mouvements, les structures mathématiques peuvent devenir source de beauté, de surprise, d’émotion. Cette volonté de transmission dépasse aujourd’hui le seul projet Danse tes Maths : Lara Thomas participe à des ouvrages collectifs, écrit pour la presse grand public et scientifique, intervient dans des actions de médiation, anime ou accompagne des clubs de mathématiques dans des écoles rurales.
Le 25 septembre, elle racontera ces expériences et en montrera des extraits. Une invitation à regarder les mathématiques autrement : comme un univers à explorer et à partager, où le raisonnement rencontre la danse, la création artistique et la beauté.


